Encyclopédie de la création de jeux

Introduction au pixel art

On a tous déjà rêvé de faire un jeu avec ses propres ressources en pixel art. Alors on ouvre son logiciel préféré, on ouvre un nouveau document et… C’est quoi après déjà ?

Les outils de création

La première chose à déterminer lorsque l’on souhaite créer des ressources custom en pixel art est le logiciel que l’on va utiliser. Il en existe une bonne variété, et chacun a ses avantages et ses inconvénients.

Photoshop

Logiciel payant. C’est celui que j’utilise car j’y suis habituée, mais vous n’avez sûrement pas besoin d’un logiciel aussi complet juste pour du pixel art ! S’il s’avère que comme moi, vous l’avez déjà sous la main, il fera très bien l’affaire. Pour configurer Photoshop afin de faire du pixel art, vous pouvez regarder « Configurer Photoshop pour dessiner en Pixel Art » par Scendre.

Krita

Logiciel open source et gratuit. Krita dispose de plusieurs outils pour le pixel art ou pour les tilesets qui facilitent le travail, comme des pinceaux de dithering, des sélections sans anti-aliasing, et bien d’autres. Pour configurer Krita pour le pixel art, vous pouvez regarder « Faire du Pixel Art avec Krita » par GD Quest.

GraphicsGale

Logiciel gratuit, Windows uniquement. Il s’agit d’un logiciel entièrement axé sur le pixel art, ce qui veut dire qu’il dispose d’outils intéressants, notamment pour l’animation ! Il n’a donc pas les avantages de transformation ou de retouche que Krita ou Photoshop proposent, mais est très léger et facile à prendre en main, malgré le manque d’une traduction française. Si vous souhaitez mieux comprendre le logiciel, consultez « Introduction à GraphicsGale », par Thomas Chassin sur les Forges.

Il existe bien entendu d’autres logiciels, tels que le logiciel payant Aseprite, l’application en ligne Piskel, ou GrafX2, le logiciel gratuit spécialisé en image bitmap. Si vous hésitez encore, vous pouvez consulter le classement « What are the best pixel art / sprite editors? » sur Slant.

Principes du pixel art

Le pixel art est une technique de dessin qui joue énormément sur le minimalisme, la simplicité de ce qui est perçu, peu importe la quantité de détail d’une oeuvre.

Lorsque l’on regarde une scène complexe d’un tableau très réaliste par exemple, le cerveau humain ne peut pas prendre en compte toutes les informations qui sont visibles d’un coup : il va l’interpréter à sa manière, en n’enregistrant que ce qui capte son attention en premier. Pour cela, les grands peintres jouent avec le placement des objets, les couleurs, la lumière et plein d’autres artifices afin de s’assurer que le spectateur interprète ce qu’il voit de la bonne manière. Cela est d’autant plus important lorsqu’il s’agit d’une image ou une scène qu’on ne verra que quelques instants !

Ce concept de composition se retrouve non seulement dans la peinture, mais aussi dans le jeu vidéo, le cinéma, la photographie, l’architecture ou n’importe quel média visuel.

Exemples de composition dans différents domaines

La liberté guidant le peuple, d'Eugène Delacroix

La liberté guidant le peuple, d'Eugène Delacroix

Dans ce classique tableau d’Eugène Delacroix, La Liberté guidant le peuple, malgré la complexité de la scène, l’œil se dirige tout de suite vers la Liberté qui émerge du sol en dressant le drapeau français. Si cela vous intéresse, voici une étude de cas intéressante sur ce tableau.

Image du film Moonrise Kingdom par Wes Anderson, montrant l'attention à la composition du réalisateur

Moonrise Kingdom, de Wes Anderson

Cette image du film Moonrise Kingdom montre la grande attention au détail du réalisateur, qui complémente le scénario. On peut voir que chaque placement d’objet a été réfléchi afin de mettre en valeur la symétrie de la scène et l’aspect obéissant et propre des enfants, à l’exception de la jeune fille. Comme ci-dessus, si cela vous intéresse voici une vidéo sur le sujet : « You Know It’s Wes Anderson IF… ». Autrement vous pouvez aussi regarder les belles images de « Wes Anderson // Centered » !

Screenshot de map RPG Maker par RitoJS

Carte sur RPG Maker de RitoJS

Ah, enfin quelque chose de familier ! Dans cette map de RitoJS, on sent que chaque tile a été placée stratégiquement afin de simuler l’ambiance voulue, tout en montrant clairement le chemin au joueur. La composition est donc bel et bien un aspect important du mapping. Vous pouvez en apprendre davantage dans le tutoriel vidéo sur le mapping d’Aurélien.

Le cerveau humain n’interprète donc que certaines informations lorsqu’il voit une image. Ainsi, dans une scène complexe et mal planifiée, on ne sait pas où regarder, et l’image devient difficile à comprendre ou à interpréter. Dans le contexte d’un jeu vidéo, cette notion est d’autant plus importante du fait que le joueur ne se concentre pas sur les graphismes.

Le but est donc que chaque élément de vos graphismes ait un rôle précis dans la composition de votre image globale, afin d’obtenir un tout cohérent. Pour cette raison, je conseillerai avant tout de commencer petit ! Les jeux sur Game Boy sont de très bonnes inspirations, car ils maintiennent une lisibilité exemplaire, alors qu’ils doivent retranscrire une grande variété de situations avec 4 couleurs.

Capture d'écran de Pokémon Red

Pokémon Red


Dernière mise à jour le 1 juillet 2018